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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 09:57
le 6 décembre, journée d'action pour l'empoi, contre le chômage et la précarité!

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 17:00

Journée militante à l’hôpital Saint-Vincent de Paul le mardi 27 septembre 2011 avec Marise Dantin (CGT hôpital Cochin), Bernard Giusti (CGT hôpital Saint-Vincent de Paul), Conférence d’Annie Lacroix-Riz : "La stratégie du choc en France, de la crise des années 1930 à celle d’aujourd'hui"

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 09:14
manifestation le 16 octobre à 10h30 devant le siège du MEDEF
manifestation le 16 octobre à 10h30 devant le siège du MEDEF

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Published by cgt vinatier - dans luttes 69 austérité-économie
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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 15:28

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 15:36

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 07:25
Grève et manifestation le 15 mai 2014

Tous ensemble révoltons-nous !!!

Pour nos salaires, pour l’emploi, contre l’austérité

Elle ne touche que les travailleurs et leur famille !

Les actionnaires, le patronat, eux se régalent !

Public, Privé Unité !!!

Grève et manifestation le 15 mai 2014

« Compétitivité » « Responsabilité » « solidarité »….. de Pactes en pactes, le gouvernement organise l’austérité …

L’objectif reste celui de son prédécesseur : obéir aux injonctions de l’union Européenne dictées par les banques et les spéculateurs.

Résultat : ce sont toujours les mêmes qui vont payer l’addition:

Réduction des dépenses publiques : 50 Milliards d’économies : 23 sur la protection sociale dont 5 milliards directement sur l’hôpital: ce sont nos emplois, nos salaires, notre retraite…

  • Gel du point de la fonction publique annoncé jusqu’en 2017, après 4 années de diètes, idem dans le secteur privé, (CCn66, 51, CCU…)
  • Diminution des garanties collectives (statut et CCN), remise en cause des accords RTT…et les directeurs qui en redemandent
  • Dégradation constante des conditions de travail….précarité…
  • De partout, menace permanente contre les syndicats et les militants pour tenter de faire taire les résistances et tenter de bâillonné les salariés.

La seule réponse possible c’est la solidarité et la mobilisation car, pendant ce temps là :

  • Les dividendes continuent de croître auprès des actionnaires mais ça, on n’y touche pas…
  • Fortune de Mme Bettencourt : 17 000 siècles de SMIC et ils sont quelques-uns comme ça: on y touche pas…

Bien sûr que de l’argent il y en a…

… il faut aller le chercher là où il est !!!

Augmenter les salaires, créer de l’emploi, c’est relancer l’économie en redonnant du pouvoir d’achat aux salariés, à la population.

Exigeons une autre répartition des richesses

Soyons nombreuxdans la rue.

Le Jeudi 15 mai 2014

Grève et Manifestation

10 h 30 place Bellecour pour aller à la préfecture.

(1 h, 2 h, 3 h,…. Seul le temps non fait est décompté)

Exigeons :

-L’abandon du plan de 50 milliards d’euros d’économies dans les services publics dont 23 milliards sur la protection sociale, et 5 milliards directement au détriment de l’hôpital public. L’argent doit être pris sur les dividendes versés aux actionnaires (250 milliards en 2013) et non dans la poche de la population.

-L’abrogation de la loi HPST et l’arrêt immédiat de toutes les restructurations, délocalisations, etc…

-La reconnaissance des qualifications et l’amélioration des déroulements de carrière.

-Un grand service de santé et d’action sociale.

-De retrouverla dignité dans notre travail et nous revendiquons l’amélioration de nos conditions de travailqui sont infernales au quotidien. Nous revendiquons l’embauche de personnels supplémentaires dans toutes les catégories, la titularisation des contractuels.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 08:50

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 09:10

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Published by cgt vinatier - dans luttes 69 austérité-économie
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 13:40

~~Nous serions, par les temps qui courent, face à un nouveau défi imposé par le progrès, une sorte de phénomène naturel qui nous impose une course effrénée vers la baisse des « coûts du travail » comme ils disent, et contre laquelle il serait vain de vouloir s’opposer, à moins de vouloir retourner aux confins de la préhistoire c’est -a -dire au néant de temps non-économiques.

Ainsi, dans un chapitre de sa contre-histoire du libéralisme, « Dépolitisation et naturalisation des rapports économiques et sociaux » D. Losurdo, distinguait un discours de Tocqueville fait à la chambre des députés en 1848, où ce dernier se plaignait du comportement des classes ouvrières, tourmentées par des passions politiques. Il remarquait alors, que : « D’un côté, l’économie politique se fonde sur la théologie et, de l’autre, elle tend à prendre sa place, au sens ou c’est maintenant cette « science » qui est appelée à garantir et à sanctifier les rapports sociaux existants..... Grâce à elle, les pauvres comprendront qu’ils doivent attribuer à la marâtre nature ou a leur imprévoyance individuelle la cause de leurs privations ».

Convenons avec lui, que la posture n’est pas nouvelle et comprenons en les causes idéologiques. Elle trouve ses caractéristiques aux sources même de la première révolution industrielle où ces causes travaillaient déjà, du fait des inévitables collisions entre prolétaires et possesseurs des moyens de production.

En effet ce même Tocqueville qui nous est aujourd’hui présenté comme l’un des grands penseurs de la démocratie libérale disait, après la révolution de 1848, qu’il était nécessaire « de rependre parmi les classes ouvrières (..) des notions les plus élémentaires et les plus certaines de l’économie politique, qui leur fasse bien comprendre, par exemple, ce qu’il y a de permanent et de nécessaire dans les lois économiques qui régissent le taux des salaires ; pourquoi ces lois, étant en quelque sorte de droit divin, puisqu’elles ressortissent à la structure même des sociétés, sont placées hors de portée des révolutions » (discours à l’académie des sciences morales et politiques, 3 avril 1852)

Aussi, remettant l’ouvrage sur le métier, ses successeurs politiques remplissent leurs chroniques économiques de ces évidences. Ces phénomènes donc, tel le climat ou les saisons, nous précipitent dans des systèmes de plus en plus exigeants qui s’imposent à nous. Nous n’avons pas d’autre choix que ceux d’obéir à leurs lois. « There is no alternative » martelait Thatcher à ceux qui voulaient s’opposer à sa politique ! Elle est aujourd’hui imitée par tous les adeptes de la dictature de l’alternance unique, ce système qui voit passer des majorités différentes mais qui appliquent la même politique.

Aujourd’hui, ces phénomènes, nous sont présentés sous le terme de mondialisation. Il s’agirait des derniers développements de la civilisation industrielle. L’apparition de cette nouvelle phase du développement de nos sociétés qui, comme se plaisent à le dire nos experts, fait suite à « l’écroulement du monde communiste », découlerait des immenses bonds en avant faits dans les techniques et les sciences dans tous les secteurs de l’activité dans un monde ouvert et libéré. Leurs mises en œuvre sont de plus en plus onéreuses. Elles réclament des mesures nouvelles et un redéploiement des moyens, en particulier de la force de travail. Les lois de la concurrence et de l’échange, l’émergence de nouveaux venus dans la compétition économique, chez qui la main d’œuvre est moins chère, font le reste.

Pourtant Marx s’était rendu compte dans le manifeste du parti communiste d’un mouvement de cet ordre qu’il avait attribué à des causes internes, au mode de production bourgeois, car expliquait-il : « En exploitant le marché mondial, la bourgeoisie à donné une forme cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays......Les produits industriels sont consommés non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du monde. Les anciens besoins, satisfaits par les produits indigènes font place à de nouveau qui réclament pour leur satisfaction les produits des pays et des climats les plus lointains. L’ancien isolement et l’autarcie locale et nationale font place à un trafic universel, une interdépendance universelle des nations ».

C’était en 1848. Dégageant alors la loi selon laquelle : « l’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes des classes » il lançait un mot d’ordre qui fera le tour du monde « prolétaire de tous les pays, unissez-vous !» Pour que, à la place de la société bourgeoise, ses classes et ses antagonismes de classe, « surgisse une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement pour tous. » Ce spectre là rode toujours en Europe et plus que jamais avère son projet.

Plus jeune il avait analysé l’arriération de l’Allemagne dans une « contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel », ouvrage dans lequel, il avait livré une observation cruciale sur le lien qui existe entre honte, peur et courage, en écrivant : « Il faut rendre l’oppression réelle plus dure encore en y ajoutant la conscience de l’oppression, et rendre la honte plus honteuse encrée, en la livrant à la publicité. Il faut représenter chaque sphère de la société allemande comme la partie honteuse de la société allemande ; et ces conditions sociales il faut les forcer à danser, en leur faisant entendre leur propre mélodie ! Il faut apprendre au peuple à avoir peur de lui-même, afin de lui donner du courage. »

De ce point de vu, comme pour tout mouvement historique il faut pouvoir comprendre les élaborations conceptuelles du capitalisme et la réalité concrète dans laquelle elles s’élaborent. Il faut aussi comprendre les relations politiques et sociales au-travers des quelles elles s’expriment dans leurs liens contradictoires. C’est pourquoi nous suivrons le raisonnement de Slavoj Zizek qui nous engageait à « vivre la fin des temps »dans un ouvrage éponyme, où il lançait un défi à ceux imprudemment annoncés par la chute du mur.

Nous le suivrons dans cet encouragement, à nous révolter contre l’ordre global et sa mystification économique avec d’autant plus de volonté, que d’autres Hégéliens de petite vertu, mais par ailleurs authentiques partisans du libéralisme économique, nous avaient annoncé avec le triomphe du capitalisme « une fin de l’histoire » dans une injonction à la passivité.

À cet effet, et au sujet de ces clercs d’un type nouveau, de ceux qu’ils servent, il nous rappelait une phrase de Mao qui disait après avoir rencontré Nixon « j’aime avoir affaire aux gens de droite. Ils disent vraiment ce qu’ils pensent, ce n’est pas comme ceux de gauche, qui disent une chose en en sous-entendant une autre. »

Mais parce que, justement, ils disent vraiment ce qu’ils pensent, et parfois avec un bon sens de la formule nous devrions, comme nous l’invite D. Losurdo au sujet de Tocqueville, apprendre de leur méthode de travail, de leurs manière d’approcher les événements politiques dans l’histoire. Par exemple comme lorsque ce dernier observe les études produites par le XVIIIè siècle et qu’il nous dit : « nous croyons très bien connaître la société française de ce temps-là, parce que nous voyons clairement ce qui brillait à sa surface, que nous possédons jusque dans les détails l’histoire des personnages les plus célèbres qui y ont vécu, et que des critiques ingénieuses ou éloquentes ont achevé de nous rendre familières les œuvres des grands écrivains qui l’ont illustré. Mais quant à la manière dont ils conduisaient les affaires, à la pratique vraie des institutions, à la position exacte des classes vis-a-vis des autres, à la condition et aux sentiments de celles qui ne se faisaient pas encore entendre ni voir, au fond même des opinions et des mœurs, nous n’en avons que des idées confuses et souvent fautives ».

Cependant, nous plaçant dans cette filiation logique, nous n’oublierons pas que l’ensemble des penseurs de la tradition libérale, les Calhoum, les Mill, les Locke, pensaient que l’esclavage était un mal nécessaire auquel la civilisation ne pouvait renoncer. Tous possédaient des esclaves, sans que cela ne les empêche par ailleurs de stigmatiser l’esclavage politique que la monarchie absolue voudrait imposer. Nous garderons présent en arrière fond de nos développements ces raisonnements pour ne pas nous laisser corrompre dans nos analyses et dans les revendications qui les suivent. Ainsi pour Calhoum, la théorisation de l’esclavage noir allait de pair avec la mise en garde contre la concentration des pouvoirs qui risquait de transformer les gouvernés en esclaves des gouvernants.

Je dis cela parce que nous retrouvons à quelques mots près les mêmes dispositions logiques chez les grands patrons d’aujourd’hui et leurs représentants. Derrière le paravent des négociations d’entreprise, comme dans les commissions où ils complotent et font pression, ils veulent ramener à un état de servilité et de domination absolue les travailleurs, sans oublier de se plaindre des lourdeurs administratives, des contrôles multiples de l’état sur leurs activités, des charges intolérables qui en résultent et qu’ils assimilent, aujourd’hui comme hier, à une forme de pouvoir absolu qui porte atteinte à leurs libertés.

Mais pour revenir aux gens de droite, la phrase de Mao, déplacée à notre époque, nous dit et nous fait percevoir les contrastes entre eux et les gens de gauche, par exemple entre Hollande qui se déclare ennemi de la finance pour finalement rejoindre, une fois au pouvoir, les exigences de baisse du coût du travail formulé par le Medef, et M Perigot patron du CNPF en 1989 qui, comme le rappelait H Krasucki dans un congrès CGT de l’époque, disait tranquillement en parlant de l’Europe « ne soyons pas naïfs...on va pouvoir dépoussiérer la société française de ses scories » et qui ajoutait, faux candide « quelle est la finalité de l’Europe ? À mon sens c’est la flexibilité. Or la grande erreur nous serait de « rêver de vivre tous comme ceux qui vivent le mieux », (rappelons qu’au même Moment Mitterrand et son premier ministre composaient des odes à la gloire de l’Europe sociale après avoir pris le parti du franc fort et de la rigueur).

Monsieur Périgot déclarait aussi pour mettre ses troupes en ordre de combat : « Unie l’Europe devra définir un nouveau type de rapports sociaux fondés sur la flexibilité, le respect des différences, l’épanouissement des aspirations individuelles. »(entendez par là la fin de la législation sur la semaine de travail et la journée de huit heures, la casse du régime de l’assurance maladie et de la solidarité entre travailleurs, le respect des différences de salaires et la liberté d’utiliser la main d’œuvre à la convenance de l’employeur avec la suppression de la législation sur les licenciements).

Puis il continuait, en utilisant une mise en garde , avec des mots qui confirment amplement le jugement de Mao « personne ne saurait gagner la bataille de l’Europe en préservant frileusement les acquis d’un monde aujourd’hui révolu.»

Henri Krazucki, dirigeant conséquent d’une centrale syndicale de classe et de masse, encore affiliée à la FSM, de son côté remarquait, lucide : « les commentaires sont inutiles, monsieur Parigot dit tout dans son langage de Patron. L’Europe qu’ils veulent vraiment nous faire, c’est celle-là , la France qu’ils veulent, c’est celle qui accepte ce fantastique effondrement social.»

Il enfonçait encore le clou en disant : « c’est M. Périgot qui dit la vérité. Ce qui est voulu, décidé et déjà en route en France même et dans chacun des douze pays de la communauté, c’est bel et bien la mise en concurrence des travailleurs de ces pays entre eux pour aligner vers le plus bas leurs conditions sociales. La libre circulation de la main d’œuvre est un instrument de cette concurrence. Elle fait peser des menaces de discriminations aggravées pour les travailleurs, notamment pour les travailleurs immigrés originaire de pays extérieurs à la communauté. L’objectif : la destruction des acquis sociaux.......C’est ce que les salariés ont conquis de plus avantageux par l’action syndicale dans le cadre national, qui est menacé de destruction » Eh bien nous y sommes !

En 1989 la CGT, son dirigeant et ses congrès avaient analysé à leurs justes mesures les contenus des « Batailles » qu’allait mener le patronat de M. Périgot et de ses successeurs. Chacun à son niveau avait pris en considération la nature des armes utilisées, en particulier celle de l’arme fatale : la sortie indispensable du cadre national pour y parvenir.

Depuis de l’eau a coulé sous les ponts et nous constatons que la flexibilité qu’ils ont obtenue et mise en place avec la loi sur les 35h, n’était pas la seule revendication qu’il fallait satisfaire pour obtenir des entreprises performantes et réactives, adaptées à la demande, elle était le préambule indispensable de toute une série d’autres. Le CNPF, tirant les leçons de la lutte des classes des décennies écoulées, devenait un mouvement avec des revendications, qui imposait des rapports de forces dans une temporalité qu’il savait choisir grâce aux lois Auroux et les institutions européennes. Le MEDEF est ce mouvement. Il fait de la politique, intervient dans le débat national, pèse sur les structures de pouvoir et l’état et en exige toujours plus sans rencontrer de résistance.

Marx qui avait compris quel était l’âme du capital et le décrivait en termes de rapport social, était parti des rôles joués par les hommes tout en refusant d’en faire une affaire de personne. Il expliquait dans le livre VII du Capital que le capital avait une unique pulsion vitale : se valoriser, créer de la plus-value. « il n’est que du travail mort qui s’anime en suçant tel un vampire, du travail vivant, qu’il suce davantage.»

En conséquence le capitaliste qui se réclame de la loi de l’échange marchand, cherche « comme n’importe quel autre acheteur, à tirer le plus grand parti possible de la valeur d’usage de sa marchandise » Ainsi par exemple il réclame son droit d’acheteur lorsqu’il cherche à rendre la journée de travail la plus longue possible ou à payer la force de travail au plus bas. Seule différence d’avec le temps de Marx, ils établissent maintenant leurs activités dans des cadres producteurs de plus en plus importants, les monopoles, et dépassent les frontières nationales, s’appuyant sur des structures juridiques ou des institutions politiques qui échappent à tout contrôle citoyen.

Mais ce qui reste encore d’avantage masqué, c’est qu’en réalité, comme Marx l’écrivait dans la section 6, chapitre XVII sur les salaires, « sur le marché des marchandises ce qui vient se présenter directement face au possesseur d’argent, ce n’est pas le travail, mais le travailleur. Ce que ce dernier vend, c’est sa force de travail. Dès l’instant où son travail commence réellement, il cesse de lui appartenir, et donc ne peut plus être vendu par lui. Le travail est la substance et la mesure immanente des valeurs mais lui-même n’a pas de valeur. » Marx nous explique par cette phrase la mystification crée autour du coût du travail . Dans une « discordance des temps » certes, il nous permet de comprendre qu’il s’agit d’une opération politique montée par les services de communication du MEDEF, reprise par ses relais dans l’état et chez les « partenaires sociaux » qui jouent pour son compte et ont pour fonction de crédibiliser la nouvelle partition.

Selon leurs normes la compétitivité d’une entreprise est mesurée par la différence entre l’offre et la demande alors que nous le savons, capital et travail, ne sont que deux aspects d’une seule et même chose, la valeur de la marchandise. La crise est le mode de développement du capitalisme parce que sa loi est celle de la recherche du profit maximum. Or la diminution des salaires n’a qu’un but, augmenter les profits, ce que démontre la courbe de ceux-ci qui depuis 1982 ne cesse d’augmenter au détriment des salaires grâce aux politiques d’austérité. Oui c’est cela qu’ils appellent la crise.

Ainsi le « néo libéralisme », barbarisme de circonstance, pour ne pas dévoiler le capital en mouvement, est guidé par une adaptation permanente des hommes et des institutions à un ordre économique intrinsèquement variable, fondé sur une concurrence généralisée et sans répit : « A cette révolution permanente des méthodes et des structures de production doit répondre l’adaptation permanente des modes de vie et des mentalités. Ce qui oblige (nous font remarquer Dardot et Laval dans « la nouvelle raison du monde », à une intervention permanente de la puissance publique.»

Et c’est une pluie de mesures qui vont toutes dans le même sens en écho à la campagne orchestrée par le MEDEF au nom du rétablissement de la compétitivité par la baisse du coût du travail. : pacte de responsabilité qui autorise le vol de trente milliards sur les salaires, principe de la réformes Hartz IV miss en place par le social démocrate, Schröder que Hollande s’apprête à nous proposer (ses conseillers ont beau nous dire que c’est du n’importe quoi, il y a eu rencontre pour évoquer le sujet et comme on dit il y a anguille sous roche concernant le marché de l’emploi et nous savons que la tentation est forte de sa capture), SMIC européen regardant vers les bas salaires, casse de la sécurité sociale, etc..

L’une d’entre elle est particulièrement redoutable dans ses conséquences. Facteur de division entre les travailleurs elle est une arme prédatrice contre les salaires et les acquis sociaux. Il s’agit de la nouvelle directive qui va organiser le détachement des salariés à l’intérieur de l’Europe et qui, sous couvert de lutte contre la fraude, confirme et précise la directive de 1996 dite directive Bolkestein qui déjà invitait un nombre croissant d’entreprises à détacher leurs travailleurs, ce qu’elles ne se sont pas privées de faire comme le révèlent nombre de conflits dans les métiers du commerce, la construction navale, le bâtiment et les travaux publics.

Patronat et experts sont au comble du délire et justifient pleinement la facétie maoïste évoquée plus haut. Pour les échos du 11/12/2013, « Aujourd’hui la France doit tirer toutes les conséquences de l’Europe des vingt-huit : les marchés sont ouverts » (il s’agit bien sûr de celui de la force de travail). Pour le Medef « le détachement de travailleur est une chance pour la France » (entendre pour le capital en France). Chacun voit s’ouvrir de profitables ressources dans cette affaire qui relègue enfin au clou la question épineuse des immigrations incontrôlables, des mains d’œuvres non qualifiées qui les accompagne et dont l’industrie d’aujourd’hui ne sait plus que faire.

En effet, la concurrence qu’elle établit au sein du monde du travail, si elle reflète les rapports de domination entre l’impérialisme français et les pays de second rang en Europe, reproduit surtout ceux qui existaient hier avec les pays du Maghreb mais, avec la garantie de la qualification et celle, à peu près assurée, de l’absence d’installation des populations concernées sur le territoire, ce qui préserve des conséquences sociales et politiques coûteuses que cela entraînait.

Alors qu’est-ce qu’un travailleur détaché ? Défini par la directive européenne du 16 décembre 1996, « un travailleur est considéré comme « détaché » s’il travaille dans un état membre de l’UE parce que son employeur l’envoie provisoirement poursuivre ses fonctions dans cet État membre. Par exemple, un prestataire de services peut remporter un contrat dans un autre pays et décider d’envoyer ses employés exécuter ce contrat sur place ».

Les charges sociales appliquées sont celles du pays d’origine. Ce qui, concrètement, permet à un employeur d’employer des travailleurs à moindre coût dans des pays aux charges sociales bien plus élevées. En revanche, le salaire et les conditions de travail de l’employé relèvent des règles du pays dans lequel il travaille. Si un travailleur détaché doit au moins toucher le SMIC, dans les faits les contournements de ces règle sont nombreux via notamment des montages frauduleux de plus en plus sophistiqués qui, comme le prouvent de nombreux cas apparus dans des conflits du travail (donneurs d’ordres en cascade qui, à chaque niveau, prélèvent une partie du salaire) conduisent à une forme de dumping social. Ce dispositif permet par exemple à un employeur de créer sa société boîte aux lettres en Roumanie, en Pologne ou à Chypre, soit dans tout pays où les droits à la retraites et les charges sociales sont moindres.

La France qui, en la matière, confirme sa position de puissance impérialiste dans l’Europe, est le deuxième pays d’accueil derrière l’Allemagne, de cette main d’œuvre low cost. En forte augmentation depuis 2010 (+ 30% selon un rapport publié au sénat) ces travailleurs seraient entre 150 000 et 300 000.

On les retrouve dans tous les grands chantiers d’état, dans la construction navale où les syndicats CGT s’alarment, quand les patrons justifient ces recours aux motifs que les qualifications et les compétences n’existent plus en France, (à qui la faute ?), dans les territoires allemands ou français comme l’a récemment illustrés le conflit Breton. Sur les routes de France où les grosses entreprise de transport utilisent le plus en plus souvent des chauffeurs polonais. A la construction des lignes de tramways comme à Lyon. Ou comme le soulignait André Chassaigne dans une intervention au sénat, dans celle de méga projet d’aménagement urbain comme le Carré de Jaude à Clermont-Ferrand, ou des travailleurs portugais et polonais travaillaient, bulletin de paye à l’appui au taux horaire de 2,86 euros jusqu’à cinquante-cinq heures par semaines. Ou encore chez Carrier, le constructeur de car d’Alençon, sur le chantier de l’E.P.R de Flamanville, où Bouygues par l’intermédiaire d’un sous-traitant employait 150 travailleurs polonais.

« Leur contrat était rédigé en anglais par Atlanco dont le siège était en Irlande, leurs bulletins de paye étaient faits à Chypre ». Subissant des prélèvements sur leurs salaires et après avoir constaté que toutes leurs heures n’étaient pas payées, ils s’étaient mis en grève. Un bus est venu chercher les salariés à l’origine de l’action et ils ont disparu. Bref la liste est longue des abus et des infractions. A ce titre ce n’est plus de détachement qu’il faut parler mais bien, comme au temps de l’esclavage, d’attachement des travailleurs à leurs patrons qui peuvent les envoyer où ils veulent, quand ils veulent, pour le temps qu’ils veulent, sans que nul contrôle ne puisse leur être opposé.

Comme nous le disions plus haut, si les travailleurs détachés doivent percevoir le salaire minimum du pays où ils interviennent, les charges sont celles des pays d’origine (soit 13% en Roumanie, 17% en Slovénie, 21% en Pologne, ce qui est loin des 45% chez nous). De plus personne ne sait ce qu’ils touchent vraiment, car les employeurs décomposent leurs traitements entre une part de salaire et des dédommagements de frais.

Un responsable de la lutte contre le travail illégal, disait dans un article du Monde économique du 02/12/2013, « Un Portugais sera payé 550 euros, un Roumain 300, la différence se faisant en remboursement de frais », nous sommes, poursuivait-il, face à des salariés pour qui c’est une aubaine de travailler en France; ils ont parfois le double de ce qu’ils auraient chez eux. »

Nul besoin d’expliquer le rôle joué dans cette affaire par l’euro et nous voyons aussi les risques de conflits entre travailleurs que ce type de pratiques pourrait amener. C’est sur ce front cependant qu’une brèche importante a été ouverte par les marins CGT de la SNCM qui, à l’issue de leur lutte, non seulement ont sauvé des centaines d’emplois et fourni du travail pour les chantiers français de la construction navale en assurant l’avenir de la compagnie maritime, mais ont aussi mis un sérieux coup d’arrêt a la circulaire de 1996 en obtenant que ce soit le droit français qui s’applique à tous.

Ils offrent ainsi un sacré levier pour que partout les salariés se saisissent de cet accord et en demande l’application dans leur branche d’activité. Par cette victoire ils confirment le jugement de Marx qui disait dans le Manifeste « la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie, bien qu’elle ne soit pas au fond une lutte nationale, en revêt cependant tout d’abord la forme » c’est bien aussi ce qu’a compris cette bourgeoisie qui cherche par tous les moyens de lui en retirer le cadre, en quoi l’Europe lui est indispensable.

La seule solution passe par la solidarité de classe et, comme jadis avec la main d’œuvre immigrée, l’organisation des travailleurs détachés pour l’égalité des droits.

Gilbert Rémond

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:38

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