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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 14:38
dossier d'hospimédia sur le travail en 12h

La bascule en 12 heures ou la quête du compromis impossible

08/04/13 - HOSPIMEDIA |

Le rapport des forces sur le travail en 12 heures semble figé et n'incite pas à la conciliation. Pourtant, si l'avenir hospitalier doit être dans des plannings à différents régimes horaires incluant le risque santé dans le parcours professionnel, difficile d'y parvenir sans une culture du compromis.

La mise en place des 12 heures à l'hôpital n'est pas nouvelle et a déjà suscité moult controverses, maintes oppositions, pléthore de publications... Bien qu'éculés, les arguments utilisés par les partisans et détracteurs de tels plannings sont toujours autant affichés dès lors qu'un établissement entend modifier ses horaires d'activité. Cela s'observait encore cet hiver, et pour ne citer qu'eux, au CH d'Avignon et au CHI d'Aix-Perthuis, comme rapporté sur Europe 1 ou dans les colonnes de La Provence. S'il remonte déjà à décembre 2008, le rapport d'expertise réalisé par le cabinet Intervention sociale et alternative en santé au travail (ISAST) pour le compte du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'hôpital Beaujon de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), résume parfaitement les passions soulevées par la journée des 12h et, de fait, s'avère transposable à toutes les situations passées et à venir. En l'occurrence, il s'agissait ici d'étudier l'impact d'un changement d'horaires en deux équipes de 12h sur le service des urgences, projeté par la direction. Majoritairement refusées par les infirmiers et sages-femmes des urgences (70%)*, très nettement décriées dans ce rapport extrêmement riche et sourcé, les 12h ont pourtant été mises en œuvre par l'hôpital malgré l'avis négatif du CHSCT, et même étendues depuis à d'autres services. Ce document atteste par ailleurs d'une fracture naissante et inquiétante entre deux classes d'âge d'hospitaliers (lire notre partie 3).

Des plannings comportant différents régimes horaires

Comme le relate la cabinet ISAST, la direction vante dans les 12h une amélioration de la qualité des soins par une diminution du nombre de transmissions orales et la possibilité d'un réel suivi du patient par un seul infirmier, une meilleure gestion des plannings, une plus forte attractivité de l'hôpital, un allègement de la charge liée à l'afflux de patients sur une équipe d'après-midi réduite, etc. Les partisans arguent d'une meilleure qualité de vie sociale et familiale, de même pour les conditions de travail, d'une diminution du temps perdu dans les transports, etc. À l'inverse, les détracteurs pointent une déconnection familiale, des conditions de travail encore plus stressantes et détériorées, une fatigue en transport, un turn-over plus élevé, etc. Certes, "les contraintes supportées par l'équipe de garde sont réelles et des solutions doivent être trouvées", acquiescent de leur côté les auteurs mais "les 12 heures imposées à chaque salarié ne constituent pas cette solution. En effet, pour proposer des soins de qualité, il faut mettre les salariés en capacité de faire ces soins. Or, la fatigue qu'ils risquent d'accumuler remet en cause cette qualité de soins et élève le risque d’erreur (et par voie de conséquence, le stress des soignants)." Et de plaider pour des plannings comportant différents régimes horaires. Plus globalement, chaque changement d'horaires oblige à des essais en amont, des bilans réguliers en aval, une évaluation des possibilités de temps de pauses offertes aux personnels et un accompagnement au plus près des agents récalcitrants.

Un risque santé intégré au parcours professionnel

À l'instar d'une discussion de comptoir sur les derniers résultats de son équipe de football, la journée des 12h semble trop sujet à une empoignade de points de vue individuels. En clair chacun à son mot à dire sur le sujet, pour permettre une cohésion de groupe. Dans un article paru en octobre 2009 dans la Revue de sciences sociales et humaines et plus récemment dans un entretien accordé au blog du syndicat FO Santé, Béatrice Barthe, maître de conférences en ergonomie à l'Université de Toulouse 2, insiste par conséquent sur la nécessité de savoir faire émerger "un compromis, au niveau local, (…) pour créer les horaires et les roulements les plus acceptables, de ces différents points de vue". Toutefois, s'il n'existe pas de rythme idéal seulement des compromis, cette conciliation paraît ici bien hypothétique tellement chaque camp semble figé sur ses postures. Aussi, et de manière plus générale, une bascule en 12h n'est pas une fin en soi, insiste Béatrice Barthe, mais impose de réaménager les conditions de travail avec, par exemple, la possibilité d'une sieste lors des postes de nuit, question beaucoup trop "taboue" en France. Enfin, cela ne peut s'envisager sans repenser la notion de parcours professionnel pour éviter à terme la maladie ou l'invalidité : "Les salariés ont tendance aujourd'hui à échanger le risque santé contre une augmentation de leur rémunération. Je pense plutôt que de risquer sa vie en pensant mieux la gagner, il serait temps de considérer les horaires postés à l'échelle du parcours professionnel afin ainsi de mieux anticiper les risques sanitaires".

* Si 70% des infirmiers et aides-soignants se déclaraient opposés aux 12 heures, ce taux variaient du tout au tout entre ceux du matin ou de nuit, à 93% contre, et ceux de l'après-midi et de jour, à 71% favorables.

Miser sur les petites équipes pour séduire les juges

En mai 2011, un Module interprofessionnel (MIP) de l'École des hautes études en santé publique (EHESP) a lui aussi tenté de clarifier le débat en interrogeant huit établissements sur les conséquences humaines des 12 heures (2 CHU, 3 CH, 1 CHS et 2 cliniques), ont rappelé ce 4 avril les auteurs de ce travail au colloque annuel de l'ADRHESS. Les bons et mauvais points ne varient guère des autres travaux, soulignant l'intérêt à court terme mais une méconnaissance à moyen et long terme. En guise de recommandation, les directions se doivent surtout de n'instaurer de tels horaires que sur des équipes réduites. Sans l'évoquer précisément, ce moyen permet aussi d'échapper aux remontrances judiciaires, à l'instar cet hiver du CHS Jean-Martin Charcot de Plaisir (Yvelines, lire notre sujet du 08/02/2013). Un dépistage des premiers signes de désadaptation doit aussi être opéré, le tout suivi par une batterie d'indicateurs à même de comparer régulièrement et après coup les 12h aux 7h30 : turn-over, absentéisme, accidents du travail, événements indésirables. Un groupe de travail est actuellement à l'étude pour poursuivre la réflexion, mêlant l'EHESP, des Directeurs des ressources humaines (DRH), Directeurs des soins (DS), médecins du travail et sociologues. Un très net bémol toutefois, les syndicats n'y semblent pas conviés...
T.Q.

Plus des deux tiers des hôpitaux franciliens ont déjà franchi le cap

08/04/13 - HOSPIMEDIA |

Combien d'établissements ont d'ores et déjà fait le choix des 12 heures ? Mystère, aucune chiffre ne filtre du ministère ni des ARS. Mais en Île-de-France, cela concernerait près de 71% des hôpitaux. Un mouvement de fond qui n'est pas sans susciter des réserves chez certains directeurs.

Combien d'hôpitaux ont-ils fait le choix d'un travail en 12 heures, si ce n'est pour l'ensemble de leurs activités, du moins pour certains services ? Sollicité sur le sujet, le ministère de la Santé se montre peu disert. En 2010, à l'occasion d'une vaste enquête sur les conditions de travail dans les établissements de santé, la CFDT Santé-sociaux estimait alors qu'environ 4% des hôpitaux étaient concernés (lire nos sujets du 04/05/2011 et du 06/07/2012). Présentée ce 4 avril lors d'un colloque de l'Association pour le développement des ressources humaines des établissements sanitaires et sociaux (ADRHESS), un travail sur la gestion du temps de travail dans les hôpitaux franciliens révèle que 35 des 49 structures ayant répondu ont une organisation en 12h pour tout ou partie de leur personnel, un établissement affirmant même que cela concerne 100% de son personnel soignant (lire notre sujet du 04/04/2013). Le dispositif touche les activités de Médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) pour 19 structures mais aussi, et cela pose question sur le bien-fondé de l'aspect dérogatoire et non pérenne des 12h, les Soins de longue durée (SLD) et EHPAD pour 19 établissements, les Soins de suite et de réadaptation (SSR) pour 14 voire la psychiatrie pour 9. Au CH Sainte-Anne, cela reste anecdotique et ne cible que les urgences mais d'autres hôpitaux psychiatriques franciliens sont plus avant dans ce domaine. Le GH Paul Guiraud de Villejuif (Val-de-Marne) le programme pour sa part dans sa future Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA).

"Une solution mais pas la panacée"

De fait, le travail en 12h constitue-t-il une solution d'avenir ou fuite en avant ?, interrogeait l'ADRHESS lors de son colloque. S'il se limitait auparavant à la réanimation et aux urgences, ce type de planning tend, on le voit, à se généraliser à la chirurgie, la gériatrie, la médecine, la psychiatrie et voire parfois à tout un hôpital. Un mouvement "irréversible", selon Jean-Marie Barbot, président de l'ADRHESS. Au-delà du bienfait qualitatif – ou non – de tels horaires, il importe avant tout, à ses yeux, d'œuvrer par pragmatisme dans l'évaluation et la concertation car "c'est une solution mais ce n'est pas la panacée". À entendre les prises de position dans l'assistance, la communauté des directeurs n'est pas aussi unanime sur le sujet que certains opposants aux 12h voudraient le laisser croire. "Il ne faut pas se voiler la face, c'est avant tout une source d'économies pour les hôpitaux", lâche pour sa part sans ambages Michel Dogué, directeur du CHS Théophile Roussel de Montesson (Yvelines) et guère partisan des 12h. Si le sujet doit être laissé au libre arbitre de chaque établissement, Denis Fréchou, président de la Conférence nationale des directeurs de CH, ne cache pas lui aussi une certaine réticence aux 12h, pointant un danger pour le patient, d'autant plus si cela concerne des infirmiers anesthésistes, et sur la vie personnelle d'agents alors souvent en complet décalage avec leur vie familiale et dans l'illusion du repos. En outre, cela pose aussi de réels problèmes de planning et de remplacement, la moindre absence engendrant une perte de 50% sur les effectifs.

Des petits hôpitaux qui s'y jettent à corps perdu

"Je ne jette pas la pierre à mes collègues, ajoute Denis Fréchou, directeur des Hôpitaux de Saint-Maurice (Val-de-Marne). Le dispositif actuel est bon mais pas généralisable. De manière générale, il devrait être circonscrit aux zones à forte activité ne nécessitant pas la présence d'infirmiers anesthésistes ou de sages-femmes. Mais pas dans des petits hôpitaux perdus, avec des problèmes de recrutement, une faible activité et une maternité de 500 accouchements. Malheureusement, les tutelles s'intéressent rarement de ce genre de sujet." Également sollicitée, la Fédération hospitalière de France (FHF) n'a guère été plus avenante que le ministère. Faute d'éléments chiffrés sur le nombre d'établissements et services concernés, la FHF argue que l'aspect dérogatoire, quand bien même il se généraliserait, reste l'apanage des décideurs hospitaliers locaux. Et de clore le débat : "La question a fait l'objet de controverses multiples sur lesquelles nous ne souhaitons pas prendre position". Pourtant, une plus forte implication du national est réclamée de vives voix pour étudier pleinement les conséquences à long terme de la pérennité de telles dérogations. "C'est une facilité d'organisation, parfois à la limite de la réglementation. Les 12 heures ont vocation à ne pas trop s'éterniser dans le temps mais dans la réalité, cela perdure", pointe ainsi Olivier Falanga, au Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS). Et c'est sans doute là que le bât blesse. Car s'il est impossible de les généraliser, clame plus d'un directeur, l'hôpital s'y engage pourtant en masse. Et les bénéfices à court terme bloquant toute réflexion à moyen et long terme, tout retour en arrière paraît hypothétique.

* Hors Assistance publique-hôpitaux de Paris, AP-HP

L'épée de Damoclès des temps de transmission

Le décret du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail et à son organisation à l'hôpital est clair : "En cas de travail continu, la durée quotidienne de travail ne peut excéder 9 heures pour les équipes de jour, 10 heures pour les équipes de nuit. Toutefois lorsque les contraintes de continuité du service public l'exigent en permanence, le chef d'établissement peut, après avis du comité technique d'établissement, ou du comité technique, déroger à la durée quotidienne du travail fixée pour les agents en travail continu, sans que l'amplitude de la journée de travail ne puisse dépasser 12 heures".
Où dès lors placer les temps de transmission, qui durent en moyenne de 15 à 30 minutes ? Dans la réalité, les 12h sont systématiquement dépassées pour permettre la relève des équipes et ce, en violation de la réglementation. Par contournement, certains hôpitaux accorderait 3 à 4 jours de RTT pour compenser ces temps de relève devenus heures supplémentaires. Au colloque de l'ADRHESS, le DRH du CH de Mâcon (Saône-et-Loire), pointant cette épée de Damoclès au-dessus des hôpitaux, a évoqué l'idée de transposer les textes sur ceux des cliniques privées, lesquelles peuvent découper la journée en 13h de travail suivies par 11h de repos.

T.Q.

Une ligne de failles aux conséquences incertaines

08/04/13 - HOSPIMEDIA |

Porté sur le terrain par une forte demande des agents pour convenances personnelles, le travail en 12 heures crée une triple fracture aux contrecoups hasardeux. Les syndicats sortent affaiblis, les anciens déconnectés des plus jeunes, les hospitaliers distancés de "leur" hôpital...

Des services en manque d'expérience

77 jours de présence en moins sur l'année

Tous droits réservés 2001/2013 — HOSPIMEDIA

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Published by cgt vinatier - dans droit 12 heures
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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 16:04

 

dessin

Passage en force pour les 12 heures + Refus du dialogue social de la direction = perte de confiance

 

Nous ne siégerons pas au CTE du jeudi 13 décembre.

 

La direction a été prise « la main dans le sac ». Au dernier CTE, le 14 novembre, le directeur des soins a réaffirmé que les 12 heures ne seraient mises en place qu'à l'UMA, en plus de l'UHSA et seulement dans ces deux services.

Or nous avons appris que le Vinatier recrutait des infirmiers en 12h de nuit, pour tous les services de l'hôpital (voir au verso l'annonce parue – dès le mois de novembre).

  • Comment peut-on encore les croire ?

  • Comment peut-on encore avoir confiance ?

  • Comment peut-on encore siéger dans des instances où l'on nous demandera de donner un avis sur un projet qui ne correspond pas à la réalité ?

 

Aussi nous disons : « Assez ! »

 

Grève jusqu'à la mise ne place d'un projet qui apportera une bonne prise en charge des patients avec de bonnes conditions de travail pour les agents, sur la base de nos propositions. Cela aura le mérite d'être clair et net et d'apporter satisfaction à tous, sauf peut-être à la direction.

 

Vive l'autogestion !

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 16:15

8heures.jpg

Annexe N°4



Le journal of nursing administration (journal indexé dans Medline) a publié en 2010 une série de 3 articles sur le travail en 12 heures.

Traduction synthétique par Madeleine Estryn-Behar





Le premier article (Geiger-Brown et Trinkoff, JONA, 40, 3, 100-103) synthétise les évidences scientifiques



- Fatigue et santé

La synthèse bibliographique de Josten et al, 2003 présentée montre que les infirmiers en 12 heures ont été plus fatiguées selon 5 des 7 études de qualité retenues. Parmi les 10 études mesurant la performance, 4 ont été en défaveur des 12 heures et 6 n’ont pas montré d’effet, mais aucune n’a montré d’effet positif des 12 heures.

La synthèse bibliographique de Caruso et al, 2004), réalisée pour le NIOSH, montre une augmentation des troubles musculosquelettiques, des expositions aux risques biologiques, et de l’utilisation d’alcool et de tabac.

Trinkoff et al (2007) ont montré une augmentation de 19% à 22% des TMS pour les infirmiers travaillant 12 h et plus par rapport à ceux en 8 heures, après prise en compte de la demande psychologique et physique du travail.



Manque de sommeil

Les longs horaires de travail augmentent la dette de sommeil d’autant plus avec le nombre de jours consécutifs.

Les études en laboratoire (Belenky et al, 2003 ; Van Dongen et al, 2003) ont montré une augmentation linéaire avec l’augmentation de la fatigue pour les temps de réaction et fautes d’attention. Mais les participants n’étaient pas toujours conscients de la dégradation de leur statut neurocomportemental.

Le lien entre la dette de sommeil et la production de cytokines pro inflammatoires l’augmentation des réactions sympathiques et l’augmentation de la résistance à l’insuline a été détaillé par Miller et al (2007). Geiger-Brown et Trinkoff insistent, en reprenant les travaux de Colten et al (2006) et de Kripke et al (2005), sur l’évidence forte que la dette de sommeil contribue à l’hypertension, au diabète et à la diminution de la tolérance au glucose, à l’obésité et aux infarctus, à une mauvaise hygiène de vie et à la dépression. De plus la dette de sommeil réduit la réponse immunitaire en réduisant la production d’anticorps (Simpson et al (2007).



- Erreurs dans les soins

Deux études avec agenda pour reporter les erreurs et presque erreurs sont relatées : Roggers et al (2004) ont analysés de façon anonyme les agendas de 393 infirmiers couvrant 5317 équipes. Les infirmiers travaillant 12 h et plus ont rapporté 3 fois plus d’erreurs que celles travaillant au plus 8h30. Scott et al (2006) ont étudié les agendas de 502 infirmiers de soins intensifs couvrant 6017 équipes et trouvé un doublement des erreurs pour les infirmiers travaillant 12 h et plus.

Geiger-Brown et Trinkoff soulignent que ces résultats pour les infirmiers sont cohérents avec les résultats des non-soignants. Ils citent une étude allemande portant sur 1,3 millions d’accidents de travail qui montre une augmentation exponentielle des AT à partir de la neuvième heure de travail, augmentation encore plus prononcée pour les postes d’après midi et de nuit (Hanecke et al, 1998).



- Accidents exposant au sang

Macias et al (1996) ont montré que les AES augmentaient pendant les deux dernières heures de travail pour les soignants en 12 heures mais pas pour ceux en 8 heures. De même Trinkoff et al (2007) ont montré une augmentation de plus d’une fois et demie des AES pour les infirmiers travaillant 12 h et plus par rapport à ceux en 8 heures.



- Conduite en état de moindre vigilance et presque accidents

Scott et al (2007) ont montré que les infirmiers travaillant 12 h et plus ont rapporté deux fois plus de conduite en état de moindre vigilance et presque deux fois plus d’accidents que celles travaillant au plus 8h30.

 

 



Le second article (Lothschuets Montgomery et Geiger-Brown, JONA, 40, 4, 147-149) analyse les barrières que les managers rencontrent pour quitter la pratique des 12 heures



- Satisfaction et demande des infirmiers eux mêmes

Aux Etats-Unis le travail en 12 heures est très répandu et selon certaines études apprécié des infirmiers.

Dans le troisième article, il est signalé que l’une des raisons de cette préférence est qu’ainsi il n’y a des dépassements d’horaires que 2 à 3 fois par semaine et non 4 à 5 fois.



-Nécessité éthique de changer

Le rapport de l’institut de médecine sur la sécurité des soins et la nécessité de transformer l’environnement infirmier (keeping patient safe : Transforming the work environment of nurses. Washington DC : National Academy Press ; 2004) a cité explicitement les horaires de travail comme source de fatigue des infirmiers avec réduction de la vigilance et dégradation du fonctionnement neurocomportemental. Ceci a mis en question la possibilité éthique de continuer à travailler en 12 heures (Lorenz, 2008).

Lothschuets Montgomery et Geiger-Brown soulignent que l’aéronautique et le transport routiers ont promu des régulations après avoir reconnu l’impact des de la fatigue sur les erreurs. Ce type de régulation manque pour les soins infirmiers. Ils proposent d’introduire un retour aux horaires de 8 heures graduellement, en concertation, avec des expériences pilotes et en réfléchissant à tous les autres aspects du fonctionnement hospitalier.





Le troisième article (Geiger-Brown et Trinkoff, JONA, 40, 9, 357-359) propose des stratégies de réduction des risques



Dans un tel métier ou la sécurité des soins est un point sensible il doit y avoir des limites permettant un travail sain



- Respect des jours de congés

Il doit y avoir des politiques qui empêchent de rappeler les infirmiers sur leurs repos hebdomadaires ou leurs vacances car il a été montré que le manque de ces repos est lié aux accidents. Le volontariat ne protège pas des risques.

- Respect de l’horaire de fin de poste

Quitter à l’heure doit être garanti.



- Réduire la fatigue pendant les heures de travail

Faire des pauses (obligatoires selon l’OSHA) une réalité qui soit une part de la norme culturelle, en permettant des repas et d’autres pauses permettant de récupérer.

Réduire les interruptions et le bruit qui sapent l’énergie mentale. Réduire la pénibilité physique, en améliorant l’approvisionnement les équipements et l’aménagement de l’espace et créer un environnement sans manutention manuelle.



- Compenser la difficulté physiologique à rester alerte entre 2 et 4h du matin

1. Eviter les taches nécessitant de la concentration entre 2 et 4h du matin. Permettre de réaliser les taches indispensables à cet horaire à deux.

2. Planifier une sieste de 20 minutes pendant les horaires de nuit. Mettre en place une telle possibilité de sieste dans un lieu calme. Créer un climat où la fatigue puisse être exprimée sans jugement défavorable. Voire permettre un raccompagnement en taxi à un infirmier trop fatigué pour conduire.

3. Avoir un éclairage modulable.

4. Améliorer les possibilités d’alimentation saine. Faciliter une boisson caféinée vers 23 heures mais pas après.

5. Limiter le nombre de nuits consécutives.

6. Faciliter l’accès à des logements permettant de réduire le bruit la journée. Encourager le port de lunettes de soleil en rentrant au domicile en fin de nuit.



- Réduire le nombre de postes en 12 heures et toujours laisser une alternative



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